Les facades du palais

Façade Est

Façade Est du Palais Idéal du Facteur Cheval

C’est par une fontaine, "La source de la Vie" que le Facteur Cheval commence son oeuvre. Construite en deux ans avec coquillages, escargots, huîtres et différentes pierres assemblées avec du mortier de chaux, elle lui vaut immédiatement l’admiration et les encouragements de sa famille émerveillée. Sa construction est en étroite symbiose avec la nature qu’il côtoie quotidiennement dans ses tournées qui durent plus de huit heures. C’est un hymne à une nature majestueuse et fantastique qu’il compose en assemblant des animaux bizarres et des plantes extraordinaires.

Sa seconde réalisation est la grotte située sur la droite de la cascade qu’il baptise "Grotte de Saint-Amédée" en hommage au saint patron de Hauterives. A l’entrée de la grotte, il inscrit la date de commencement des travaux : 1879. Ferdinand Cheval réalise ensuite "la source de la Sagesse". La construction se poursuit avec la réalisation du Tombeau Egyptien qui abrite deux caveaux, le Facteur désirant être enterré au coeur du Palais, "A la mode des rois pharaons".

N’ayant pu être enterré dans ce tombeau, Ferdinand Cheval se lance à 78 ans dans la réalisation d’un nouveau tombeau dans l’enceinte du cimetière du village : "Le tombeau du silence et du repos sans fin". Le Palais Idéal apparaît donc non seulement comme un hymne à la vie, mais aussi à la mort que le Facteur défie en construisant une oeuvre qui restera après lui.

Au dessus du Tombeau Egyptien de petites niches abritent des pagodes et des temples orientaux qui semblent nous inviter à un voyage initiatique. Ces constructions sont le reflet des lectures dont Ferdinand Cheval s’inspirait volontiers. A cette époque en effet, paraissaient dans différentes revues telles que la Revue illustrée, le Magasin Pittoresque ou la Veillée des Chaumières, les premiers reportages illustrés sur les merveilles de l’Orient et de l’Asie.

Afin d’équilibrer les 26 mètres de la façade Est, Ferdinand Cheval construit un monument à chaque aile : le Temple Egyptien, avec quatre colonnes décorées de boules de grès et à l’opposé les Trois Géants, considérés comme l’une des plus belles réalisations du Palais. Ces Trois Géants, dont la coiffe fait penser aux statues de l’île de Pâques et dont une main semble s’adresser au ciel, sont les trois gardiens du monument.

Sous la garde des trois géants, j’ai placé l’Epopée des Humbles courbés sous le sillon

Par ses plantes, ses enchevêtrements, ses spirales et ses explosions, le Palais Idéal élan mystique, primitif et païen se retrouve dans bien d’autres courants artistiques postérieurs au Facteur Cheval ; -en particulier dans l’architecture vitaliste, expressionniste et surréaliste ainsi que dans l’Art Brut.

C’est dans sa niche située derrière les géants que repose la plus fidèle amie du Facteur, sa brouette qu’il appelle affectueusement sa fidèle compagne de peine.

L’ensemble est dominé par la tour de Barbarie entourée d’une végétation variée, de palmiers, d’oliviers, d’aloès et de figuiers de Barbarie. Cette tour sert de réservoir d’eau et alimentait autrefois la Source de la Vie par un réseau de canalisation. La date 1899, inscrite entre les Trois Géants est la date de finition de la façade Est.

Il aura fallu 20 ans à Ferdinand Cheval pour venir à bout de cette première partie du Palais.

Façade Nord

Façade Nord du Palais Idéal du Facteur Cheval

En contournant le Temple de la Nature en direction de la façade Nord, on aperçoit un escalier tournant donnant sur la terrasse. En dessous, à l’entrée du Palais, Ferdinand Cheval fige le temps :

1879-1912 : 10 000 Journées, 93 000 Heures, 33 ans d’épreuves

et lance un défi au monde :

Plus opiniâtre que moi se mette à l’oeuvre

L’autre face du Temple Egyptien s’étend jusqu’au canal qui sépare le premier terrain du Facteur Cheval de celui de son voisin qu’il achètera en 1896. Quatre colonnes surmontent une lucarne donnant sur une crèche merveilleuse constituée de superbes coquillages colorés.

Dans la construction de la façade Nord, Ferdinand nous révèle la partie la plus obscure de son âme créatrice, au travers de sa vision de la Genèse. Cette partie du Palais Idéal, très fragile, a souffert des outrages du temps. Sa sauvegarde a nécessité un important travail de restauration rendu possible par le classement.

Façade Ouest

Façade Ouest du Palais Idéal du Facteur Cheval

Ici, la pensée universaliste du Facteur semble plus structurée. Ferdinand construit un Temple Hindou, un Chalet Suisse, la Maison Carrée d’Alger un Château du Moyen-Age, et une Mosquée qui domine l’ensemble.

L’oeuvre du Facteur Cheval est un condensé du monde tel qu’il le perçoit. Dans son Palais, sa morale est révélée par ses inscriptions. Sa mythologie transparaît dans un bestiaire et sa perception des cultures des cinq continents se retrouve dans l’architecture. Par ce panel des religions et des cultures, Ferdinand Cheval souhaite universaliser son Palais. Afin de renforcer l’idée maîtresse de son oeuvre, la fraternité entre les peuples, il écrit à l’entrée de la mosquée :

Les fées de l’Orient viennent fraterniser avec l’Occident

Dans l’entrée passant par la Mosquée, on peut lire un poème datant de 1904 dédié à Ferdinand par un écrivain grenoblois du nom d’Emile Roux-Parassac appelé aussi le Barde Alpin.

Dans son poème, parlant du Palais, il écrit :

C’est de l’Art, c’est du rêve, c’est de l’énergie

Puis il s’enflamme :

Ton Palais à l’Idéal superbe

Profondément touché, Ferdinand tire de ce passage le nom de son monument : « Le Palais Idéal ».

Façade Sud

Façade Sud du Palais Idéal du Facteur Cheval

La Façade Sud enferme un "musée Antidéluvien" dans lequel Ferdinand Cheval entreposait les pierres qu’il collectionnait ou qu’il comptait utiliser. Elle est surmontée d’une coupole et des aloès. Un tronc d’arbre et des animaux représentés par des pierres rongées en termine la plus sobre décoration.